Tout quitter et partir vivre à l’étranger : mode d’emploi.

Je l’ai fait il y a six ans et je sillonne les routes du monde depuis. Ce n’est pas facile tous les jours, mais je me sens pleine – je vis, je ne sens plus le poids de la société, et je découvre de nouveaux endroits et personnes tout le temps. Comment j’ai fait ? Je te donne ici quelques conseils pour tout quitter à ton tour, si tu te sens enfermé.e en France.

J’avais vingt et un ans lorsque j’ai pris une décision, dans un bureau où mes doigts devenaient bleus à cause du manque de chauffage dans la start-up qui m’avait prise en stage. Je ne remettrai plus les pieds en France.

Adieu la société où tout le monde juge tout le monde tout le temps. Adieu les relations sociales seulement avec mes collègues et ce qui me restait d’amies du lycée et des études. Tchao. Adieu ce poids sur mes épaules de devoir être la meilleure, d’avoir le meilleur CV, le meilleur travail. Tout ça pour passer 5 jours par semaine à bosser pour quelqu’un d’autre, un pour récupérer et un pour vivre, cinq semaines de congés par an. Je ne voulais pas m’enfermer dans un système qui m’utiliserait comme un pion pour que je puisse travailler pour me payer en trois ans une voiture, puis une maison, être endettée en permanence.

C’était décidé, j’allais partir, tout quitter, j’avais ma jeunesse devant moi, il serait temps plus tard de choisir ou non de m’enfermer dans ce système au retour, dix ans plus tard. Ce que je ne savais pas, c’est qu’une fois qu’on y a gouté, il n’y a pas vraiment de marche arrière. On trouve la liberté, on apprend des langues, on connaît des gens de partout, on s’intéresse à leur vies, on se rend compte de la vacuité de ce que l’on vit en Europe. Prêt à tout quitter ?

Perdre pour gagner.

Dans la vie, il faut savoir perdre pour gagner. C’est mon premier conseil. Qu’est ce que je perds ? La sécurité d’un système qui est là pour moi, la sécurité de mes études, la sécurité de ma famille, de mes amis. Qu’est ce que je gagne ? J’apprends. Continuellement, de tout, et surtout de moi-même, je découvre mes limites, j’apprends à les surpasser, je n’ai plus peur. Je vis pour moi, et tout ce que j’apprends m’apprend à être quelqu’un de bien. Pas parce que la société me le dicte, mais parce qu’en en faisant l’expérience… On sait, comment faire le bien, comment aider, comment vivre. Peu de gens savent qu’il faut perdre pour gagner : ils veulent gagner, tout le temps, tout, alors ils sont déçus, frustrés.

Le temps de vie.

Pépé Mujica, le président d’Uruguay de 2010 à 2015, était un agriculteur, dans sa jeunesse mis en prison pour avoir fait du grabuge dans des manifestations, il a ensuite crée toute une philosophie de vie. Il appelle cela « le temps de vie ». Il explique, que tout, dans la vie à un prix. Mais ce n’est pas le prix monétaire qui compte. C’est le temps que l’on a passé à travailler pour pouvoir s’offrir cette chose que l’on désirait.

Pépé Mujica une fois président, a refusé la voiture présidentielle, le palais présidentiel, l’avion présidentiel, il voyageait en 2nde classe et il allait à droite à gauche avec sa vieille coccinelle.

Une voiture ? 10.000€, un crédit sur 5 ans, 2000€ par an, au smic horaire 4 heures de travail par semaine. 2500 heures de travail = 2500 heures enlevées au temps de la vie.

Il propose donc, d’utiliser plus raisonnablement son temps de vie, et de prendre le temps de vivre. Non pas de vivre pour l’acquisition de choses. En voyage, quand j’ai besoin d’une voiture: je l’achète pour 1000€.. Et je la revend après l’avoir utilisée quelques mois pour 800.(facebook market ou l’équivalant du leboncoin local sont tes amis).

Elle m’a coûté 200€, l’essence que j’y ai mis, et au smic horaire, 20 heures de travail. Et ce parce que je ne sais pas conduire de scooter – qui me reviendrait bien moins cher en essence – j’y travaille ! Réfléchis-y.

Première étape : ne pas se lancer sans filets.

Un départ, ça se prépare. Tout quitter oui, mais dans l’ordre. On ne quitte pas son job comme ça d’un coup et on part à l’aventure. Je sais que tu en meures d’envie, mais pour un bon décollage, il faut de l’essence et des pilotes.

En disant l’essence, je parle bien sûr d’oseille. Voici les budgets avec lesquels je suis partie :

2 mois en Europe : 2000€.

6 mois en Irlande : 2500€.

3 mois en Croatie : 500€.

8 mois en Argentine : 2000€, 3 mois en Argentine : 1000€, et j’ai travaillé sur place pour le reste.

6 mois aux Philippines et en Thaïlande : 8000€ à deux (compte donc la moitié si tu pars seul.e : les transports sur place coutent très cher)

5 mois au Mexique : 4000€

3 mois aux USA : 4000€

etc.

Pour le pilote, je parle de toi, tu dois préparer minutieusement ton voyage, avant de tout quitter, tu peux utiliser https://www.rome2rio.com/fr/ par exemple pour les trajets, et suivre mes astuces par ici pour payer moins cher lors de tes déplacements. Ne laisse rien au hasard lors de tes mouvements, ce que tu feras sur place, importe moins.

Deuxième étape : Comment vais-je survivre une fois sur place ?

Là tu as -beaucoup- d’options. De plus en plus ces dernières années.

Tu peux faire du volontariat (mes expériences et mes conseils par ici), et ne pas payer ni ton logement ni ta nourriture pour 4 à 6h de travail quotidien avec des locaux. Le bonheur, à nos âge, c’est tout ce qu’on demande! Les locaux quant à eux, y voient beaucoup d’avantages, ils ont un employé « gratis ». Attention aux abus bien évidemment. Par contre, il y a vraiment de tout : dans les fermes, dans des auberges de jeunesse, dans des restaurants, dans des écoles. Je suis sûre que tu trouveras ton bonheur sur le site Worldpackers.

Tu peux travailler directement dans le pays qui t’héberge, moi j’ai appris le métier de serveuse (je t’en parle par là), il y a toujours de la demande, partout dans le monde, et on peut changer facilement, et ça s’apprend très vite. J’ai pu le faire pendant près de 3 ans pour voyager.

Tu peux travailler en ligne, vendre tes photos de voyage, donner des cours de français ou d’anglais (c’est ce que je fais récemment et c’est top, je t’en dis plus par message facebook ou instagram si ça t’intéresse), des cours de cuisine, vendre ton artisanat, voir même te faire sponsoriser pour du contenu instagram fréquent (genre Bruno Maltor). L’avantage de tout ça? Tu travailles depuis ton ordi, tu as uniquement besoin d’une connexion internet et que c’est toi qui gère tes horaires.

Si tu fais encore des études, pense à Erasmus, qui est une incroyable option qui te permet de voyager et d’être subventionné.e par l’Union Européenne, qui te fait rencontrer des gens du monde entier, et qui est une expérience unique à vivre vraiment au moins une fois. La mienne c’était à Thessalonique, en Grèce (big up les copains si vous lisez un jour cet article).

Je crois que j’avais fait une liste de toutes les options pour voyager (je mentionne le PVT également), si je la retrouve je la mettrai en lien ici.

Troisième étape : l’anglais.

Combien de fois j’ai répété, que l’anglais, c’est indispensable pour voyager. Bon, il va falloir t’y mettre, ça fait des années que tu le dis. Mais cette fois-ci tu dois t’y mettre sérieusement. C’est une langue tellement facile comparée à la notre…

Regarde tes séries en VO, utilise Duolingo ou Babbel, ou bien prends directement des cours sur internet, je serai ravie de te le faire, mais il existe des profs à partir de 9€ de l’heure. Tu as mon profil par ici, je n’enseigne que le français en ce moment mais si tu mentionne cet article, alors je saurai comment te préparer au départ, peu importe ton niveau d’origine, en trois à six mois.

Quatrième étape : se faire des contacts sur place avant d’arriver.

Les groupes facebook de voyageurs sont toujours prêts à donner des infos, de bons endroits pour faire du volontariat, les mauvais… Avoir quelqu’un sur place, c’est toujours utile quand on arrive dans un nouvel endroit. Alors à tes claviers et à contacter des locaux ou des voyageurs. On fait toujours attention en ligne cependant hein, je ne sais pas si le repréciser, mais on ne poste pas un message disant « eh j’arrive seul.e demain soir quelqu’un pour me montrer la ville? ».

Cinquième étape : les valises, le départ.

Pour les valises, le net regorge de ce qu’il faut préparer; je l’avais fait moi aussi à l’époque quand je préparais mes premières valises. Il y a plein de bidules à acheter qui améliorent le quotidien en voyage, à toi de choisir combien de bidules il te faut. Moi plus ça va et moins j’ai de bidules. Mais je te laisse quand même les articles ici.

Ton départ est prêt, tu vas tout quitter, tu as ton billet d’avion, ta valise, et un proche qui t’amène à l’aéroport avec la promesse de rentrer les voir de temps en temps. Le monde est vaste. Quelle destination vas-tu choisir en premier?

Sixième étape : Tout quitter mais s’adapter.

C’est en voyageant que l’on devient voyageur et que l’on apprend une chose fondamentale : s’adapter. Parfois les plans tombent à l’eau, et il faut trouver un plan de secours. On ne nous a pas appris ça à l’école, ça s’apprend au fur et à mesure. L’idéal c’est d’alterner voyage, pause boulot dans un pays, et voyage à nouveau, pour rester à flot économiquement. Tout quitter s’apprend en quittant tout, pas de panique.

Voilà c’était mon dernier conseil pour aujourd’hui ! N’hésite pas à m’écrire si tu as des questions ! Et aussi suis-moi sur les réseaux sociaux ce serait cool 🙂 facebookinstagram 😉 raconte moi aussi comment tu veux tout quitter, j’ai peut-être d’autres astuces qui te seraient utiles !

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