L’exil au Mexique – chapitre 5 : Le monde d’après.

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L’exil au Mexique – chapitre cinq : Le monde d’après.

Il faisait une chaleur torride cet après-midi là. On écoutait le son grésillant d’une radio, peinant à se faire entendre parmi les cris des oiseaux. Ils se faisaient plus nombreux avec l’arrivée du printemps… et l’absence humaine qui atteignait quarante jours dans le monde entier. Les aigles qui toujours survolaient la plaine avaient doublé en nombre. Lorsque se tût la chanson jaunie du poste, la parole fut reprise par le chef du village. « Je souhaite m’adresser à la communauté… »

Alors que les pays européens décidaient de leur sortie de confinement, la vie continuait son cours très tranquillement au village. Dix jours après l’annonce du confinement officiel et un mois après la fermeture du village, aucun cas n’avait encore été détecté.

« …nous vous informons que les accès aux plages vont être réouverts à partir du jour vingt, une fois la certitude qu’aucune contagion n’est à déplorer dans le village.. Cependant pour votre sécurité… n’allez pas aux plages suivantes : à la plage de Mermejita, parce que les requins se sont approchés des côtes, à la plage de Ventanilla, parce que les crocodiles ont infesté la plage, à la plage de Punta Cometa parce que les tortues ont exceptionnellement pondu, un jaguar a été vu dans un hôtel de la riviera maya, si vous rencontrez ce type d’animaux veuillez le signaler aux autorités… »

Le monde se porte mieux sans les hommes apparemment.

C’est pourquoi l’expression du « monde d’après » commence à être employée. Faut il absolument retourner à la normale ? Est-ce réellement le but à atteindre ? Est-ce sain ? J’étais perdue dans ma réflexion lorsque…

« Y’a plus d’eau! » se mit à crier Marcelo.

Après un bref tour des autres cabanes, le complexe entier se trouvait sans accès à l’eau. Comment la citerne pouvait-elle être vide si elle avait été remplie trois jours plus tôt ? On monte sur le toit, la citerne est vide. Il n’est pas resté dans le village un seul plombier. Ils sont dans le village d’à côté, et n’auront pas le droit d’entrer de ce côté-çi. Un voisin alors ou quelqu’un qui s’y connaisse un peu?

Le lendemain matin, l’eau était revenue. Une demie journée plus tard, la citerne fuyait de nouveau. Pendant trois jours ainsi, avant que le neveu du voisin ne passe a résoudre le problème de façon définitive, nous vivions sans certitude d’avoir de l’eau pour se doucher, tirer la chasse, ou faire la vaisselle… Saviez-vous que la vaisselle sale avec 35°c en deux heure commençait à attirer vers, mouches et rats ?

Les mouches ce fut vite-fait. Allez, hop, dehors. Pour résoudre le problème des rats, il fallait trouver la solution adaptée à l’endroit. Et un chat rejoint le complexe. Un chat antipathique, et suffisamment effrayant pour que les rongeurs aillent voir ailleurs.

C’est comme cela que la nature reprend ses droits. Les chats mangent les souris, les crocodiles mangent les tortues, et les tortues changent d’endroit de ponte. Les hommes mangent les poissons, et s’ils ne le font pas, les requins s’approchent des côtes.

Lorsque le village eut ouvert ses frontières internes, laissant passer à ceux qui possèdent le pass de résident, nous nous frayons un chemin jusqu’à la colline de Punta Cometa. Lorsque nous arrivons, l’endroit est désert. Un homme est assis en tailleur, face au soleil, les yeux fermés, les mains posés sur les genoux.

Lorsque le soleil termine sa course. L’homme tend les bras vers le ciel, se lève, inspire, expire. Et lorsque le soleil touche l’horizon pour aller faire un tour de l’autre côté du globe, il s’installe de nouveau sur son tapis d’orient. Je m’approche lorsqu’il sort de sa transe. Devant mon air interrogé, il prend la parole et me raconte son histoire. Me raconte l’importance des cycles du soleil, de la lune et de la nature. Il me raconte comment il vit lentement et au jour le jour. Et si c’était celui ci le monde d’après?

Exil au mexique : Le monde d’après, 21/04/2020

C’est tout pour aujourd’hui! Je vous laisse regarder les photos et n’hésitez pas à me contacter sur les réseaux sociaux (Facebookinstagram) pour quelques nouvelles de l’exil au Mexique et de comment s’organise la résistance partout dans le monde!

Prenez bien soin de vous et des vôtres. Restez chez vous, et à très vite quelque part dans le monde !

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