Être serveuse et voyager facilement dans le monde entier

bife costilla

Il y a aujourd’hui beaucoup de façons de voyager, et d’en vivre, plus ou moins facilement : certains vendent leurs livres de voyage… Certains font du télétravail, certains font des blogs…  Partent en Erasmus (pourquoi tu dois absolument faire Erasmus ici)… Sont hôtesses de l’air, prof de français, youtubeurs, volontaires (je t’en dis plus sur cette manière de voyager gratuitement ici), ou ont économisé plusieurs années pour se payer leur tour du monde…

Chacun sa méthode, et je vous livre ici la mienne, sous le soleil d’un 15 décembre aux Philippines.

La vue depuis mon balcon, dans ma cabane en bambou.
Panglao, Bohol, Philippines

J’ai toujours un moment de réflexion quand on me demande ce que je fais dans la vie. Je voyage.

« Ce n’est pas un métier ! ». Imaginez la tête de mes anciens camarades des bancs de Sciences Po lorsqu’ils sont désormais au ministère tel… dans telle start-up, avocat ou prof et que je réponds « Eh bien… je suis serveuse. ». Et ça fait quatre ans que ça dure… C’est un choix difficile à expliquer, mais qui je vous l’assure, vaut largement la peine !

Si toi aussi, tu cherches à voyager, et à vivre de ton voyage, voici une manière d’y arriver.

« Wanted : waitress »

Le boulot de serveuse, aussi peu attrayant qu’il puisse paraître, est une mine d’or pour les jeunes en quête de voyages et d’expérience. On cherche des serveurs, absolument partout. À commencer en France, où 300.000 emplois sont à pourvoir dans la restauration. Dès avril c’est la lutte pour trouver des serveurs, cuisiniers ou barmans qui fassent l’affaire et la saison.

C’est un métier où le turn-over est très important. Une équipe sera toujours constituée d’une moitié d’effectif embauchée pour la saison. Ces jeunes embauchés nécessitent d’être formés, pour pouvoir faire face à la vague de tourisme qui frappe le pays chaque année. Les gens qui travaillent dans la restauration on une tendance à changer facilement d’endroit. Meilleur salaire, meilleures conditions de travail, meilleur agencement du restaurant.. Ou simplement envie de changer d’air, toutes les raisons sont bonnes pour changer de lieu de travail. Il y a donc en permanence des postes qui se libèrent et à pourvoir ! Ainsi, j’ai pu en une semaine trouver un job de serveuse à St Malo, en plein mois d’août !

À l’étranger c’est exactement pareil. Le turn-over est encore plus important qu’en France puisqu’il n’y a pas de sécurité de l’emploi ou de contrat bien défini. On voit partout des petites annonces « cherche serveuse » avec les quelques qualifications. Avec ou sans expérience et avec ou sans anglais, elles varient selon l’endroit et les besoins du restaurant.

Le métier est aussi vaste qu’il y a de restaurants ! Trouvez un restaurant qui vous convient : comme quand j’ai travaillé cinq mois dans un salon de thé à Buenos Aires !

« Six mois de boulot intense, six mois de vacances ! »

L’avantage d’un saisonnier, c’est qu’il travaille de avril/mai à septembre/octobre, en Europe ou en Amérique du Nord. De novembre à mars en Amérique du Sud ou en Afrique. Toute l’année en Asie ou Océanie. Choisissez la saison qui vous plaît!

Il est donc possible de travailler toute l’année. Ou bien, et c’est ce que j’ai choisi : de travailler six mois par an. Je choisis un pays pour y passer la saison, puis je choisis un ou d’autres pays pour y passer les six mois suivants.

J’ai ainsi pu faire une saison en Croatie, puis voyager en Amérique latine avant de faire une saison en Argentine, vadrouiller en Europe puis faire une saison en France: à présent je voyage en Asie… etc !

LANII, le restaurant gastronomique oû je bossais en Croatie (tripadvisor)

Comment faire quand on n’a pas encore d’expérience ?

L’expérience en restauration, est beaucoup plus importante que la formation. Si bien il existe des formations, qui se font en CAP avant le bac ou sur quelques semaines, ce qui compte, c’est votre expérience.

La méthode est simple : se faire un CV, prendre son courage à deux mains, et aller, porte à porte, se présenter et le donner dans les restaurants d’une ville. On peut le faire une fois, deux fois, trois fois… avant de recevoir un appel.

Il faut de la volonté, une volonté de travailler et d’apprendre, de l’acharnement face aux obstacles… c’est ce qu’il faut faire ressortir sur son CV lorsqu’on le dépose pour les premières fois, puis lors des essais, qui durent en général une soirée.

Être attentif à ce qui se passe

Bien regarder ce que font les autres serveurs, et faire de même. Au début ça ne fonctionnera pas, je me souviens de ma première expérience comme serveuse dans un restaurant chic de Buenos Aires, où après 3 jours d’essais on m’a mise à la plonge… Alors il faut retenter, essayer dans un autre restaurant et expliquer que l’on a encore peu d’expérience, on refait alors un essai, ça ne fonctionnera peut être pas, alors il faudra réessayer, et puis tout seul, par habitude, ça viendra. Je ne savais pas tenir un plateau en commençant, et je pensais ne jamais y arriver… mais c’est en forgeant que l’on devient forgeron. Une fois que l’on sait comment fonctionne le service, et que l’on a acquis une facilité, se présenter dans un nouveau restaurant et apprendre ses caractéristiques, se fait beaucoup plus aisément et rapidement.

Je vous conseille aussi de faire vos premiers essais dans les festivals ! Comme bénévole, pendant une semaine ou deux, vous apprendrez beaucoup en peu de temps, et cette expérience pourra valoir ensuite.

On se la pète comme on peut avec ses skills de serveurs.

« Do you speak english ? »

Bien sûr, pour pouvoir exercer ce métier en dehors des frontières françaises, il est indispensable de savoir parler anglais. Ce n’est pas le cas ? Regarde tes séries en anglais, écoute des chansons, télécharge duolingo, ou babbel, avec internet, ce n’est vraiment pas si compliqué, et partir à l’étranger ne fera qu’améliorer les choses, et ça deviendra de plus en plus facile.

Encore une chose : n’aie pas peur de parler anglais, oui tu as un accent, mais c’est sexy.

Avec le service ce qui est génial, c’est qu’en France, l’anglais est un atout (le pourboire est alors assuré), et à l’étranger un outil. En Croatie, je travaillais seulement en anglais, en effet ce ne sont pas les croates qui remplissent chaque soir le restaurant de la ville hyper-touristique.

Avec le temps, on peut même apprendre de nouvelles langues, et agrandir sa palette de compétences. J’ai ainsi appris l’espagnol en travaillant en Argentine. Vous apprendrez peut-être les bases du japonnais ou de l’allemand! Au début, on copie ce que disent les autres, « qu’est ce que je vous sers ? », ou bien « ça fera 5$ », et puis ça vient…

L’un des nombreux avantages, c’est qu’on a l’occasion de goûter toutes les spécialités d’un pays !

Les clefs du succès pour cette vie nomade :

Savoir économiser.

Oui je sais, c’est dur. Se priver d’une troisième bière un mardi, c’est dur, mais au fond, ce n’est pas si dramatique. On pense alors aux bières à 50 centimes que l’on trouvera dans la prochaine destination. Chacun son truc, mais il faut savoir économiser sur les nouveaux vêtements, sur les restaus ou fast food, les friandises, les cinés chaque semaine… bref dépenser intelligemment (Lidl est ton ami, et c’est vraiment plus aussi horrible qu’avant!).

Ne pas avoir peur de travailler beaucoup.

Beaucoup d’heures en restauration, il faut le savoir, et il faut le voir comme un challenge. En France les heures supplémentaires sont payées… à l’étranger elles ne le sont évidemment pas, et on peut vite travailler 70h par semaine pour 400€ par mois. C’est un sacrifice à faire, mais c’est aussi un moyen d’apprendre énormément !

Astuce : Par habitude, je négocie au moins un jour de repos par semaine, afin de toujours pouvoir profiter d’un jour de vacances dans le pays où je suis et aller à la plage, sortir, visiter les musées ou les lieux d’intérêts.

Avoir confiance en soi.

Ça aussi, ça s’apprend, j’étais tétanisée lorsque j’ai dû déposer mon premier CV ! Et puis ça devient plus naturel, ou du moins plus rodé. Au fond, à déposer un CV avec un sourire, on ne risque rien de bien méchant…

Aimer le contact.

Il faut savoir chérir les clients, comme s’ils étaient des invités chez nous, des amis qu’on invite à dîner, et avec lesquels on veut partager la bonne cuisine qu’on leur a concocté. Et puis ensuite, aimer faire des rencontres lorsqu’on voyage, c’est aussi plus simple quand on n’a pas peur de rencontrer des gens !

Avec la chouette équipe du #CDG pendant la « Route du Rhum »

Voilà tu sais tout ! Bien sûr je n’ai pas écris cet article dans le but d’avoir de la concurrence hahaha, mais je suis sûre que ça pourra aider certains d’entre vous à sauter le pas et à partir voyager ! C’est possible, tu as toutes les possibilités en toi !

Tu as encore des doutes ? N’hésite pas à me contacter/laisser un commentaire, et j’y répondrai pour t’aider dans ce choix !

Ah et n’hésitez pas à nous retrouvez sur les réseaux sociaux (facebook, instagram) !

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